En passant

A propos des puissants.

C’est indéniable. Tu m’as porté jusqu’ici, et la vue est belle. Bien sur, tu me couvres d’attention, et tu es bon, tellement bon que le monde entier ne compte que sur toi. Evidemment, je sais que lorsque je suis seule, c’est que tu n’as pas le choix. Et qui serais je pour t’en vouloir de les sauver ? Ce matin, je regarde par la fenêtre humide, le triptyque sur la cité qui s’étale, paisible. Tellement grâce à toi, seulement grâce à toi.

Je caresse des doigts l’ébène des meubles, ils sont lisses et un peu froids. C’est un bel endroit, je l’ai beaucoup aimé la première fois. Il y a un silence assourdissant aujourd’hui, qui s’étale en nappe opaque devant mes yeux. C’est assez élémentaire, pas réellement d’urgence, pas de réel danger. Ce ne sont que des larmes après tout.

Alors je ne vais pas t’appeler pour ça. Même si tu reviendrais, à cette vitesse qui t’es propre. Avec cette élégance quasi cinématographique, dans ta tenue seyante, avec ta présence bouleversante. Bien sur que tu le ferais. Mais il n’y a plus rien à sauver.

Je finis de fermer mon sac. Je me souviens que j’ai éteins le gaz. Ce serait quand même dommage de te faire revenir pour une énième explosion. Je prends l’adresse de l’hôpital, et ferme délicatement la porte derrière moi.

Je peux vivre sans toi.

Lui n’a pas réussi.