En passant

Spirale

pieds

Neige

 

Au Nord, les pieds nus dans la neige,

Frisson floconné, odeur de bruit blanc,

Quelques hyperboréens attachés en bandoulière,

le nez rosi par des camélias de sang.

Elle attend, elle attend, elle attend.

 

Ah je t’ai aimé, je t’ai aimé, mon doux amant,

Amandes et firmaments, tu m’as laissé

A l’orée de l’aube terrible de promesse,

Au creux des bourgeons et des ronces dénudées,

Je me suis mise à attendre l’été.

 

La fenêtre entrebâillée sur le volet fermé,

Je me suis allongée sur la fraicheur de la terre brulée,

Mon corps était zénith et nadir, tout à la fois,

D’ombre et d’or délacé à l’ombre du figuier,

La bouche entrouverte,  au sud, je t’ai embrassé.

 

Dans les contrées nouvelles, elle a déposé l’âme,

Quelques herbes dansent à ses pieds abimés.

Elle a tellement marché pour le retrouver.

Mais dans sa gueule acérée, l’ouest sauvage l’a emporté,

Et partout l’orange du ciel coule de ses plaies.

 

Adieu, Adieu mon tant aimé.

En hiver, je vais revenir t’inventer.

Au nord de toi, à nouveau,

Dans la plaine immaculée,

Je m’allongerai.