En passant

Un père comblé.

Antoine me tient la main, et je tente de ne pas hurler et de me concentrer sur ma respiration. La sage femme m’accompagne avec ses conseils.

Les murs sont blancs, et je me sens à la fois incroyablement mal et fabuleusement bien.

A chaque nouvelle vague, je serre la main sombre et rassurante de mon ami.

J’ai refusé de savoir avant ce que tu étais, petit bout de moi, mais j’y crois, j’y crois si fort.

Finalement, les choses sérieuses commencent à se mettre en place, j’ai une violente poussée de nausée.

Décidément, tu aimes me secouer les tripes, et j’ai l’impression que ça ne sera pas la dernière fois.

Et puis, tu commences à sortir de là, à trouver l’issue, mon issue.

Alors, on te pose sur moi, en me disant que tu es une fille. Une belle petite fille toute neuve.

Ma petite Judith.

La sage femme se tourne vers Antoine.

« Vous êtes un père comblé ! »

La première chose que tes petites oreilles ont entendu, je crois bien que c’était notre rire.