En passant

Mon voisin est une voisine.

Fenêtres grandes ouvertes laissant apercevoir une déco soignée. Pour être sincère, c’est bien la première fois que cet appartement, juché sur le café de la mairie, ressemble à autre chose qu’à un bâtiment abandonné.

Même la terrasse bordée de béton gris s’est paré de coussins colorés, et de parasols teintés de pastel, on y entend rire ses amis jusque tard dans la nuit, au creux de cet été canicule qui nous fait les paupières lourdes mais le sommeil haletant.

Sa silhouette se dessine parfois dans l’encadrement de sa fenêtre de cuisine, buste au généreux décolleté bien en avant, recouvert d’un petit haut à volant, légèrement transparent. Le visage apaisé, un peu trop de maquillage sur sa peau métissée, et qui me fait un large sourire quand je lui fais un enthousiaste geste de la main.

Sa voix de ténor, avec un accent de je ne sais pas quel endroit baigné de soleil, me demande si je vais bien, et oui vraiment c’était une belle et chaude journée.

J’emporte un peu de la sincérité de ce corps gigantesque à la sensualité exacerbée. Et considère amusée ma propre féminité.

Mon voisin est une voisine, et sous ses attitudes coquines, c’est de l’amour entre les lignes.