En passant

Rien de toi en Août.

Les devantures sont closes, le ciel est tapi sous les arbres.

Quelques bicyclettes lézardent sur les parkings.

Et moi j’attends.

A l’orée du béton, à l’ombre du décrépi des bâtiments, halé de gris, le front cerné.

T’étais juillet, chaleur, soleil. T’étais ma peau, mon cœur, mes lèvres.

A l’aube d’hier encore, t’étais chevelure sur mon épaule, caresse entre mes jambes.

Y a des barreaux tout autour de mes membres, je suis tout froissé dans la marge des squares.

Je suis rempli de ton ombre, y a des ratures en bas de page.

Evidé sur le côté, je suis plus qu’une bouteille échouée sur la plage arrière du bus scolaire.

Septembre me rogne les jambes.

Et tu ne m’as rien laissé de toi en Août.