En passant

Balkis

ombre

Ombre

 

Balkis portait un nom de femme.

Il était jeune.  Mais ses yeux non.

Jamais jusqu’à ce matin

Ouverts sur le soleil.

 

C’est pourtant le printemps.

Balkis, Balkis mon amour.

C’est pourtant bien temps.

Balkis, Balkis, tu frissonnes.

 

Ces cheveux corneilles.

Cette peau brune.

Les muscles crispés.

Les lèvres serrées.

 

Tes maitres sont morts.

Leur fouet te brule encore.

Balkis, Balkis, Liberté.

Chèrement payée.

 

C’est pourtant le printemps.

Balkis, Balkis mon amour.

Tu n’es plus un enfant.

Balkis, Balkis, tu étonnes.

 

A demi nu dans la cité,

Tout est rire et quolibet,

Tu grognes, et tu menaces.

Tes ongles sont trempés de poussière.

 

Balkis portait un nom de femme.

Il était jeune. Mais ses yeux non.

Quand je l’ai approché,

Mes mains l’ont presque brûlé.

 

C’est pourtant le printemps.

Balkis, Balkis mon amour.

C’est pourtant mon amant.

Balkis, Balkis, l’orage tonne.

 

Tu es silencieux ce matin.

Enroulé dans mes bras,

Juste une nuit ne suffit.

A effacer toutes plaies.

 

C’est pourtant le printemps…